Johan Barthold Jongkind - L'abbé Jean-Louis Gervat (1867-1930), élève de Jongkind
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L'abbé Jean-Louis Gervat (1867-1930), élève de Jongkind

L'abbé Gervat
Jean-Louis Gervat est né le 30 novembre 1867 à Saint-Siméon-de-Bressieux, près de La Côte-Saint-André, dans une famille de cultivateur.

A l'école du village, il fait le portrait de ses camarades, dessine des bonhommes et des paysages. Il rêve d'utiliser des couleurs, mais il n'a pas d'argent. Il fait bouillir des coupons de soie teints, rapportés par sa mère qui livrait du lait à l'usine voisine. Il n'obtient que de pauvres coloris, mais il sait s'en satisfaire.

Tout en continuant ses études, il devient l'élève de Jongkind pendant sept ans, jusqu'en 1890, date de son admission au séminaire français de Rome.


Gervat, collection particulière
Ces aquarelles constituent la majeure partie de son œuvre. Suivant l'heure du jour ou de la saison, il décrit l'ambiance du paysage ou du motif. Dans ses huiles bien construites, il cherche à rendre la stabilité, la force, la certitude. Il dépouille le paysage de tout ce qui n'est pas nécessaire à son sens et ne perd jamais la spontanéité.

De son vivant, ses Ĺ“uvres ont rarement Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©es. Jongkind ajoutait toujours Ă  ses expositions des dix dernières annĂ©es quelques aquarelles du jeune homme : « Faisons voir comment l'Ă©lève excelle le maître ». Il restera très discret et très humble, se dĂ©finissant comme « un pauvre diable de peintre dauphinois qui n'a d'autre mĂ©rite que d'avoir Ă©tĂ© l'Ă©lève bĂ©nĂ©vole de Jongkind ».

En 1927, il est nommé à Noyarey. Il crée l'œuvre de la « Maison de retraite des servantes de curés » à Saint-Jean-de-Bournay.


Gervat, collection particulière



Nous reproduisons ci-après ce texte, également de Maurice Wantellet, qui évoque avec beaucoup d'émotion, la rencontre fortuite des deux hommes, qui va les mener à une relation de maître et élève, cordiale, féconde et indéfectible.


Par un matin d’été, alors qu’il se promène aux alentours de La Côte-Saint-André, Jongkind aperçoit un jeune homme assis dans un pré, peignant en gardant le troupeau de son père. Il s’approche de lui, regarde son ouvrage, l’apprécie et lui dit : « Si vous voulez me rencontrer ici chaque jour, à cette heure, nous pourrons peindre ensemble ». A l’instant, Jongkind plante son chevalet à coté du jeune pâtre et dans le silence ils travaillent. Une amitié très sincère va unir l’adolescent au vieux vagabond baragouinant un français bizarre.

Peu de temps après, Jongkind se rend à la ferme des Gervat retrouver son jeune ami Jean-Louis. Celui-ci peint un berger et un mouton. Le travail plait au vieil artiste qui griffonne sa signature au dos de la feuille et dit : « Faisons savoir que vous êtes maintenant mon pupille ». Il vient alors chercher son élève dès l’aube. Il ne s’embarrasse pas de matériel inutile : un simple morceau de papier tiré d’un carnet, quelques couleurs qu’il va chercher au fond de sa poche, un peu d’eau qu’il prend au ruisseau ou à la mare voisine, cela suffit amplement pour s’exprimer devant la nature.

Il lui explique à sa façon comment choisir le motif, comment s’installer pour le bien saisir en quelques traits rapides. Il lui fait découvrir le sens de la lumière, de la couleur et lui fait part de son expérience.

Le vieux maître répète souvent au jeune homme : « Continuez d’être vous même... rien d’autre ».

En 1890, les deux amis se voient pour la dernière fois. Le jeune homme termine brillamment ses études secondaires et il est admis au séminaire français de Rome. Jongkind aura guidé son élève pendant sept ans. Il lui lègue son chevalet d’aquarelliste que Gervat utilisera toujours.

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D'après l’ouvrage « Deux siècles de peinture Dauphinoise » de Maurice Wantellet avec l’aimable autorisation de l’auteur.

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