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En Dauphiné, avec Joséphine Fesser

Si Johan Barthold Jongkind vient en Dauphiné, en août 1873, c'est pour accompagner celle qu'il appelle son « bon ange ». Joséphine Fesser, qu'il a rencontrée treize ans plus tôt à Paris, vient en effet rendre visite à son fils Jules, qui est cuisinier au château de Pupetières, à Châbons.

Quand ils se sont croisés, en mai 1860 chez le marchand d'art Pierre-Firmin Martin, beaucoup d'éléments rapprochaient Jongkind et Joséphine Fesser. Cette dernière est une compatriote de l'artiste puisqu'elle est née à Namur, dans les Provinces-Unies, au royaume des Pays-Bas. En 1819 comme Jongkind. Elle avait été abandonnée par ses parents et recueillie à l'hospice où on la nomma Marie Borrhée. Préférant très vite se prénommer Joséphine, elle était venue à vingt ans à Paris pour pratiquer puis enseigner le dessin dans un pensionnat de jeunes filles.

Les difficultés d'une enfance sans parents l'ont certainement conduite à comprendre mieux que quiconque le tempérament de Jongkind qui se sent souvent lui-même orphelin. Quelques semaines après leur rencontre, il lui écrira même : « quand j'avais l'avantage de vous voir, c'est comme si père et mère venaient à ma rencontre » !

Alexandre Fesser, lui, loue ses talents aux fourneaux auprès de riches châtelains et en 1863, il est au château du Chautay, près de Nevers. Pour aller le voir, Joséphine se rend donc à Nevers au mois d'août, accompagnée de son fils Jules et de Jongkind. Celui-ci découvre alors avec ravissement la campagne nivernaise, ses paysans, ses animaux.


Le château de Pupetières, proche de Virieu

Plus tard, Alexandre devient le cuisinier du marquis de Virieu au château de Pupetières et, après avoir servi dans l'armée lors de la guerre de 1870, son fils Jules vient travailler à ses côtés. Dès 1871, Alexandre laisse Jules seul aux fourneaux de Pupetières et prend sa retraite à Nevers où se rendent à nouveau Joséphine et Jongkind.


Jules et Pauline Fesser

A Pupetières, Jules a séduit la fille de l'intendant du château, Pauline Walestain et l'épouse en février 1872. L'année suivante, Joséphine et Jongkind viennent voir le jeune couple. A l'exemple des paysages nivernais, la campagne dauphinoise est une nouvelle découverte pour Jongkind qui appréciera dès lors, de venir pratiquement chaque été à Châbons.

Jules accueille sa mère et Jongkind dans la petite maison qu'il occupe avec sa femme et ses enfants et qui surplombe le château de Pupetières.



La maison des Fesser à Mallein,
devenue aujourd’hui la « maison Jongkind »

Aquarelle par Jongkind de la maison

Le logement se révèle rapidement exigu pour la famille qui grandit et Jules se prend en même temps de passion pour une technique naissante : la photographie.


La Villa Beau-Séjour
Photographie de Jules Fesser

En 1878, Jules décide donc d'acquérir un logement à La Côte-Saint-André où il peut espérer à la fois une clientèle pour son activité de photographe et des terres pour s'assurer des revenus agricoles.

Il achète la villa Beauséjour où il installe sa famille mais aussi Joséphine et Jongkind, allant même jusqu'à faire aménager un atelier pour l'artiste.



Au fil des ans, les séjours de Joséphine et Jongkind en Dauphiné vont se faire sans cesse plus longs. Car une complicité certaine et même de l'affection s'installent entre le peintre et la famille de Jules. Jongkind est attentif à l'éducation des enfants, à leurs études. Délivré de tout souci matériel, il se montre généreux envers eux, offrant cadeaux et récompenses. Et chaque fois qu'il parcourt la campagne avec son chevalet, il aime à converser avec les habitants. Alors que les gamins l'appellent « le père Jonquille », il se définit lui-même comme « un paysan dauphinois ».

Sa santé déclinant et ne lui permettant plus des allers-retours vers Paris, Jongkind finit par rester en permanence à La Côte-Saint-André. Le 27 janvier 1891, Jules Fesser demande qu'il soit admis à l'hôpital psychiatrique de Saint-Egrève. Jongkind y décède le 9 février et deux jours plus tard, est inhumé au cimetière de La Côte-Saint-André. Joséphine disparaît à son tour le 23 novembre et repose à ses côtés.


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