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Les étapes
Jongkind aux Pays-Bas

Jongkind naît en 1819 dans une famille modeste qu'il quittera très tôt. Il n'y a pas de place pour un artiste dans cette tribu de dix enfants. En 1837, il suit des cours particuliers avec Andréas Schelfhout qui lui donnera la passion de la peinture en plein air.

En 1843-1844, la chance lui sourit. Il reçoit du Prince d'Orange une bourse nationale de 200 florins pour la « poursuite de sa peinture » et fait la connaissance en 1845 d'Eugène Isabey, peintre français.


Bateau, voilier vu de face au soleil couchant
dessin à la plume
[1]

Cette rencontre est très importante pour Jongkind qui nourrit le rêve de s'installer dans l'atelier d'Eugène Isabey à Paris. Le rêve se réalise en 1846, mais dans la capitale française Jongkind se voit contraint à vivre dans un dénuement total. En 1855 il se résout à revenir dans son pays natal.
De retour en Hollande Jongkind va se consacrer, cinq ans durant, exclusivement à son travail, mais il ne reçoit pas l'accueil escompté et sa détresse physique et morale ne cesse de grandir. En 1860, il repart pour Paris.


Patineurs aux environs de Rotterdam, huile, 1868 [2]


Jongkind et Paris

Jongkind passa deux grandes périodes à Paris, l'une de 1846 à 1855, et l'autre à partir de 1860 quand il s'y installe plus ou moins définitivement.

En 1846 il décide de quitter sa Hollande natale et de rejoindre Eugène Isabey dans son atelier à Paris. Ce peintre de la mer et des bateaux trouva en Paris un merveilleux élément liquide : « La Seine ».


Autoportrait sous le soleil ou l'homme au chapeau de paille
mine de plomb et aquarelle, 1850-1860
[3]

Ces neuf ans à Paris furent des années difficiles, de bohème et de vaches maigres. L'exposition universelle de 1855 ne lui apporta aucune récompense pour les trois œuvres exposées. Il se sent alors trahi et repart pour la Hollande.


Au roi du désert, eau-forte, 1855 [4]

En 1860, pourtant, devant les dettes et la solitude qu'il rencontre dans son pays, il revient à Paris. Grâce à l'aide de ses amis impressionnistes, il fait la connaissance de Joséphine Fesser, elle même peintre d'origine hollandaise.
Joséphine (qui vivait séparé de son mari Alexandre Fesser) va devenir son ange gardien et sa compagne. Elle lui assure une vie plus stable et équilibrée. La peinture de Jongkind commence à être appréciée. Il s'épanouit et les commandes affluent. Même si l'été le peintre quitte la ville pour profiter de l'air de la campagne, il revient à l'automne dans son atelier et retrouve son cher Paris. Il gardera jusqu'à sa mort son appartement au 5 rue de Chevreuse, à Paris.


Le boulevard de l'hôpital à Paris, aquarelle, 28 mai 1868 [5]

A la fin des années 1870, la santé de Jongkind l'oblige à rallonger ses séjours à la campagne, mais il gardera toujours une place pour Paris dans son cœur et au bout de son pinceau.


L'église Saint-Séverin, Paris
huile sur panneau, 8 mai 1878
[6]


Jongkind et la Normandie

Jongkind fera régulièrement des séjours en Normandie, tout en restant installé à Paris. Il découvre la région en 1850, lorsqu'il décide d'y accompagner Eugène Isabey. Les tableaux de bateaux de Isabey, qui se rend chaque été sur le littoral de la Manche, l'ont séduit. Jongkind peint les ports, et particulièrement celui de Harfleur.


Port d'Harfleur, huile, 1850 [7]

En 1862, il revient en Normandie et séjourne au Havre et à Saint-Adresse avec Joséphine Fesser. C'est finalement à Honfleur, l'année suivante, qu'il trouve le véritable point d'attache de ses séjours normands. Le port, son phare et sa jetée de bois deviennent dès lors le sujet de très nombreuses peintures et eaux-fortes.


Patineurs hollandais avec moulin à gauche, huile, 1865 [8]

L'année 1865 est particulièrement faste pour le peintre, qui reçoit un afflux de commandes. Dans son atelier de Honfleur, il peint donc aussi bien la campagne normande que les canaux hollandais. Comme il reconnaît lui-même : « on dirait que cela devient une vraie fabrique ». Mais il se dit également « heureux au point de vue financiele... ».


Buste de Jongkind par Philippe Solari
terre cuite, 1871
[9]


Jongkind et Nevers

Joséphine Fesser propose à Jongkind, au cours du mois d'août 1861, de l'accompagner en Nivernais. Elle va alors rendre visite à son mari, Alexandre, qui travaille comme cuisinier chez un châtelain de la région.

La découverte de la campagne nivernaise est pour l'artiste une révélation. Après les horizons plats de sa Hollande natale et du Bassin parisien, il s'enthousiasme pour les vallonnements de cette région. Il les parcourt en compagnie du garde-chasse, ami des Fesser, qui l'héberge avec Joséphine à Saint-Parize-le-Chatel.

Dans de très nombreuses œuvres, il met en scène la vie des paysans, les troupeaux, les attelages et une bergère qui file la quenouille revient comme un leitmotiv dans plusieurs aquarelles.

Après le court séjour estival de 1861, Jongkind ne retournera en Nivernais qu'en 1870. Lorsque la guerre éclate, il quitte d'abord Paris pour Nantes où il est brièvement détenu parce qu'on le prend pour un espion étranger. Il rejoint ensuite Nevers et manifeste son intention de s'y établir puisqu'il écrit au préfet afin d'obtenir un « permet de séjours ». En fait, pendant deux ans, il multiplie les allers-retours entre la capitale et Nevers, où il réside dans le même hôtel qu'Alexandre Fesser.

A partir de 1872, la dégradation de son état de santé l'incite à rester plus longtemps à la campagne, en compagnie d'Alexandre, qui s'y est installé durablement. Mais en 1873 il découvre le Dauphiné et commence à délaisser Nevers.


Jongkind et le Dauphiné

Joséphine Fesser influença beaucoup la peinture de Jongkind dans le choix de ses sujets. Nous l'avons vu, en rendant visite à son mari Alexandre elle ouvre les yeux du peintre au paysages nivernais. Plus tard, en 1873 elle l'emmène dans le Dauphiné. À cette époque son fils Jules et son mari travaillent comme cuisiniers auprès du Marquis de Virieu, au château de Pupetières (dans la vallée de la Bourbre). Les étés le peintre va faire des séjours de plus en plus longs dans cette campagne accueillante et reposante.


Le château de Virieu, huile sur panneau, septembre 1877 [10]


Châbons, aquarelle et pierre noire, 24 septembre 1876 [11]


Montrevel, aquarelle [12]


La Côte-Saint-André vue de la plaine de Bièvre, aquarelle, 8 août 1882 [13]

En 1878, Jules Fesser, ayant repris le poste de son père à Virieu, achètera une maison à La Côte-Saint-André et ira s'y installer avec sa famille. Il y fera construire un atelier pour sa mère et pour Jongkind.


La place Saint André à La Côte-Saint-André, huile, 1877 [14]


Paysage d'été en Dauphiné, aquarelle, 7 août 1882 [15]

Les années de production enfiévrées et les excès de distractions sont derrière le peintre. Il a besoin de préserver sa santé. La nature et le contact privilégié avec les habitants de cette belle région lui permettent de finir ses jours dans un climat serein et tout de même très productif. Tout son environnement sera couché sur ses toiles comme une mémoire vivante de ses derniers regards sur le monde.


Hiver en Dauphiné, aquarelle, 1880 [16]


Colline à La Côte-Saint-André, huile, 1882 [17]

C'est là, en 1891, qu'il rendra son dernier souffle. Joséphine le rejoindra quelques mois plus tard. Tous deux reposent côte à côte dans le petit cimetière de La Côte-Saint-André loin du brouhaha de la ville.


Le cimetière de Balbins, huile, 1888 [18]

*  *  *

[1]  Jongkind - Bateau, voilier vu de face au soleil couchant - Dessin à la plume sur papier - 29 x 19,5 cm - © Photographie Musée de Grenoble
[2]  Jongkind - Patineurs aux environs de Rotterdam - Huile sur toile - 1868 - 24,5 x 32,5 cm - © Musée Faure, Aix-les-Bains
[3]  Jongkind - Autoportrait sous le soleil ou l'homme au chapeau de paille - Mine de plomb et aquarelle sur papier - 1850-1860 - 20 x 17 cm - © Photo RMN / Hervé Lewandowski
[4]  Jongkind - Au roi du désert - Eau-forte - 1855 - © Collection Musée dauphinois, Grenoble
[5]  Jongkind - Le boulevard de l'hôpital à Paris - Aquarelle - 28 mai 1868 - © Collection particulière
[6]  Jongkind - L'église Saint-Séverin, Paris - Huile sur panneau - 8 mai 1878 - 18,5 x 11,9 cm - © Musée Faure, Aix-les-Bains
[7]  Jongkind - Port d'Harfleur - Huile sur toile - 1850 - 106,4 x 161,2 cm - © Musée de Picardie, Amiens / Marc Jeanneteau
[8]  Jongkind - Patineurs hollandais avec moulin à gauche - Huile sur toile - 1865 - 24,5 x 35,5 cm - © Photo RMN / Hervé Lewandowski
[9]  Philippe Solari - Buste de Jongkind - Terre cuite - 1871 - © Collection Musée dauphinois, Grenoble
[10]  Jongkind - Le château de Virieu - Huile sur panneau - Septembre 1877 - 16 x 27 cm - © Galerie Noortman Maastricht, Holland
[11]  Jongkind - Châbons - Aquarelle et pierre noire - 24 septembre 1876 - 22 x 48,9 cm - © Photo RMN / Thierry Le Mage
[12]  Jongkind - Montrevel - Aquarelle - Entre 1873 et 1878 - 12,4 x 18,9 cm - © Photo RMN / Thierry Le Mage
[13]  Jongkind - La Côte-Saint-André vue de la plaine de Bièvre - Aquarelle sur papier - 8 août 1882 - 15 x 47 cm - © Collection particulière
[14]  Jongkind - La place Saint André à La Côte-Saint-André - Huile sur toile - 1877 - 22 x 36 cm - © Collection particulière
[15]  Jongkind - Paysage d'été en Dauphiné - Aquarelle sur papier - 7 août 1882 - © Collection particulière
[16]  Jongkind - Hiver en Dauphiné - Aquarelle - 1880 - 16,5 x 25 cm - © Photographie Musée de Grenoble
[17]  Jongkind - Colline à La Côte-Saint-André - Huile sur toile - 1882 - 70 x 50 cm - © Musée Faure, Aix-les-Bains
[18]  Jongkind - Le cimetière de Balbins - Huile sur toile - 1888 - 23 x 36 cm - © Musée Faure, Aix-les-Bains

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